Zoom | Le bonheur au travail

Un employé heureux en vaut-il deux ?

Le concept de bonheur au travail est un sujet dont on entend beaucoup parler ses dernières années. Sous l’impulsion d’entreprises telles que Google, avec ses célèbres toboggans ou sa piscine à balle, de nombreuses initiatives ont fleuri dans les organisations de tailles et de secteurs divers. Si bien que de nouvelles fonctions ont vu le jour telles que les « Happiness Manager » ou encore les « Chief Hapiness Officer ».

Alors qu’un certain nombre d’études montrent une liaison positive entre le plaisir au travail et la performance, la notion de « bonheur au travail » est-elle simplement un sujet « tendance », un vrai levier de performance et de développement pour l’entreprise ? Ou encore ce concept serait-il un leurre, une « hypocrisie managériale » tel que qualifié notamment par la philosophe Julia De Funes et tant d’autres ?

Le bien-être au travail, un sujet de premier plan

Les nombreuses enquêtes, sondages et études qui ont pu être menées auprès des salariés, font ressortir une tendance : le plus souvent, la rémunération n’est pas la préoccupation numéro 1 chez les salariés !

En effet, lorsqu’ils sont interrogés, les intéressés placent en tête du podium des sujets tels que les conditions de travail, l’équilibre vie privée et vie professionnelle ou encore le degré d’autonomie. Ceci tendrait donc à démontrer qu’en effet, les aspects liés, si ce n’est au bonheur, mais plutôt au bien-être, auraient un impact sur la productivité des collaborateurs.

Et ceci n’est pas nouveau. Une étude menée par Harvard et le MIT en 2011 a révélé qu’être heureux au travail rend 31 % plus productif. Les collaborateurs heureux sont également 2 fois moins malades, 6 fois moins absents, 9 fois plus loyaux et 55 % plus créatifs.

Plus récemment, une étude de WoMen’Up, fait ressortir que le bien-être au travail est le premier critère de fidélité envers une entreprise pour la génération des Millenials, qui, rappelons-le, représentera les trois quarts des actifs en 2025.

Cela mène à une question : ne serait-il pas plus juste de parler de bien-être au travail, que de bonheur ?

Si ces deux concepts sont subjectifs, n’est-il pas plus réaliste pour une entreprise de pouvoir mettre en place les conditions favorables au bien-être au travail ? Ou l’entreprise est-elle si puissante qu’elle puisse imposer le bonheur ?

Soyez heureux, l’injonction du bonheur

En effet, les détracteurs les plus radicaux du concept de bonheur au travail y voient un subterfuge des entreprises pour « aliéner » encore plus ses collaborateurs.

Les plus mesurés y voient des maladresses qui, si elles partent d’une bonne intention, sont bien souvent contre-productives, voire vécues comme une pression quotidienne.

A titre d’exemple, les salariés ne souhaitant pas participer aux activités, pour des raisons qui leur sont propres, peuvent être ou se sentir exclu, parfois être pénalisés. Pourtant cela n’a aucun lien avec la qualité de leur travail ou leur productivité. Des actions qui sont censées favoriser l’épanouissement ont alors un effet contraire.

Par ailleurs, il existe souvent un décalage entre le discours orienté « Happy Culture » et les pratiques managériales de l’entreprise qui, elles, n’ont pas été remises en question. Des paradoxes qui favorisent la perte de confiance des collaborateurs en leur organisation.

Les piliers du bien-être au travail

Il semble qu’avoir pour objectif de rendre ses collaborateurs « heureux » est ambitieux ! En revanche, créer les conditions favorables au bien-être des collaborateurs, ne serait-il pas un pas vers ce « bonheur » ?

S’il n’existe pas de check-list toute faites pour favoriser le bien être en entreprise, on peut toutefois citer certains piliers qui semblent incontournables.

  • Savoir donner du sens

Dans un monde de l’entreprise souvent très normalisé, encadré par des process, où les missions sont de plus en plus techniques, la capacité à fédérer les équipes autours d’une finalité individuelle et commune est d’autant plus importante.

 

  • Ne pas abuser des process 

Si les process sont utiles, il est important de veiller à ce qu’il n’annihile pas la capacité de réflexion. Le respect du process « à tout prix », peut mener à des situations absurdes et contre-productives.

 

  • Autonomie et confiance 

Laisser une marge de manœuvre adaptée et suffisante aux collaborateurs dans un cadre défini est un levier de première importance sur l’engagement. Un prérequis toutefois : un climat de confiance réciproque.

Pour conclure, il est bien entendu difficile d’appréhender ce vaste sujet en quelques lignes. On peut toutefois retenir que si les initiatives des entreprises naissent le plus souvent de bonnes intentions, le bonheur ne se décrète pas !

En revanche, en s’attaquant aux sujets de fond, tels que la vision, le sens, la remise en cause de leurs processus, les dirigeants font un pas vers le développement de conditions favorables au bien-être au travail.

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